Maroc met des terrains publics à disposition pour logements locatifs avec loyers plafonnés
Maroc : le gouvernement propose d’affecter des terrains publics pour développer des logements locatifs à loyers plafonnés
Le projet de loi de finances 2027 publié le 23 octobre 2026 prévoit d’attribuer des terrains publics à des investisseurs pour développer des logements locatifs à loyers plafonnés.
Le gouvernement marocain propose, dans la note de présentation du projet de loi de finances 2027 publiée le 23 octobre 2026, d’affecter des terrains publics à des investisseurs chargés de construire et d’exploiter des logements locatifs destinés aux ménages à revenus modestes et intermédiaires. Le dispositif repose sur des contreparties précises : attribution de foncier public en échange de plafonds de loyers, de durées d’exploitation définies et de conditions strictes pour préserver l’accessibilité des logements au bénéfice des occupants ciblés. Cette mesure marque une évolution de la politique publique du logement, qui jusqu’ici privilégiait majoritairement l’accession à la propriété.
Objectifs affichés du mécanisme
L’objectif déclaré est d’offrir des locations durables à des tarifs qui reflètent les ressources des ménages plutôt que la seule logique du marché immobilier. Le gouvernement veut ainsi rendre plus facile l’accès au logement pour les personnes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas devenir propriétaires. Les engagements contractuels avec les investisseurs devraient fixer des plafonds de loyers adaptés et des durées d’exploitation garantissant la disponibilité de ces logements sur le long terme.
Catégories de bénéficiaires visées
Quatre profils sont explicitement ciblés par le programme : les jeunes actifs, les étudiants, les nouveaux ménages et les travailleurs mobiles contraints de changer de région pour des raisons professionnelles. Le dispositif vise en particulier à faciliter l’installation de ces publics à proximité des bassins d’emploi et des établissements de formation, afin de réduire les obstacles à l’accès à l’emploi et à la formation initiale ou continue.
Modalités prévues pour l’attribution du foncier
Les documents ministériels indiquent que le foncier public sera mis à disposition des opérateurs sous condition d’engagements contractuels. Ces contrats doivent préciser les plafonds de loyers, la durée pendant laquelle le logement restera soumis aux conditions de loyers réglementés, ainsi que les modalités de contrôle et de sanction en cas de non-respect. La mise en concurrence des investisseurs et des opérateurs devra tenir compte de ces critères sociaux et financiers pour garantir la viabilité économique des projets tout en protégeant l’objectif d’accessibilité.
Lien avec la mobilité professionnelle et le passeport de mobilité
Le projet s’inscrit dans un programme plus large d’insertion professionnelle pour la période 2027‑2031. Il est prévu d’associer cette offre de logements à un « passeport de mobilité professionnelle » destiné à accompagner les personnes qui décrochent un emploi dans une région différente de leur lieu de résidence. Le dispositif combinera aide financière et logistique pour faciliter la mobilité des travailleurs, en s’appuyant sur l’offre locative à loyers plafonnés pour réduire la contrainte du logement lors d’un changement de lieu d’emploi.
Contexte et continuité des politiques de logement
La proposition prolonge des travaux engagés en 2025 sur le logement locatif intermédiaire et complète les dispositifs d’aide à l’acquisition déjà en cours. Le gouvernement entend ainsi développer une politique duale : soutenir l’accession à la propriété pour les ménages qui y aspirent et, parallèlement, offrir une alternative locative stable et abordable pour ceux qui préfèrent louer. Les grandes agglomérations—Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech et Agadir—avaient déjà fait l’objet d’études en 2025 visant à adapter l’offre locative aux besoins des marchés locaux.
La réussite de ce programme dépendra de plusieurs facteurs opérationnels : la sélection d’opérateurs financièrement solides et socialement responsables, la définition claire des plafonds de loyers et des durées d’exploitation, la coordination entre ministères concernés et collectivités locales, et la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation transparents. Le calendrier et les textes d’application resteront déterminants pour transformer l’intention affichée dans le projet de loi de finances 2027 en réalisations tangibles sur le terrain.
Si le volet foncier et contractuel est confirmé dans la loi et les décrets d’application, le dispositif pourrait réduire les tensions sur le marché locatif pour les catégories ciblées et faciliter la mobilité professionnelle, tout en complétant les mesures d’aide à l’achat. Le dialogue entre l’État, les investisseurs et les collectivités locales sera clé pour garantir que les logements ainsi produits répondent effectivement aux besoins des ménages concernés.