Croissance 2025 4,9% et inflation 0,8% placent la réforme des retraites au centre
Croissance 2025 à 4,9% : faible inflation, compte courant stable et alerte sur la réforme des retraites
En 2025, la croissance a atteint 4,9% et l’inflation 0,8%. Le compte courant est contenu; le rapport pointe un risque majeur: la réforme des retraites.
Le rapport économique 2025 fait état d’une accélération notable de la dynamique macroéconomique, avec une croissance nationale évaluée à 4,9% et une inflation quasi nulle, à 0,8%. Ces indicateurs témoignent d’une conjonction favorable entre demande intérieure, performance de certains secteurs clefs et un environnement extérieur maîtrisé. Toutefois, les auteurs du rapport attirent l’attention sur plusieurs vulnérabilités structurelles, en particulier le dossier de la réforme des retraites, identifié comme un risque systémique pour la soutenabilité budgétaire à moyen terme.
Facteurs ayant soutenu la croissance en 2025
La progression du produit intérieur brut s’explique par une combinaison de facteurs. La consommation privée a bénéficié d’un pouvoir d’achat globalement préservé grâce à la faible inflation. L’investissement public et privé a rebondi dans des segments ciblés, notamment les infrastructures et certains projets industriels. Par ailleurs, des performances sectorielles contrastées — avec des gains dans l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services exportateurs — ont contribué à la croissance globale. Les politiques macroéconomiques ont soutenu l’activité sans générer de pression inflationniste notable.
Inflation modérée et conséquences sur le pouvoir d’achat
L’inflation retenue à 0,8% a permis d’éviter une érosion significative du pouvoir d’achat des ménages. Les prix à la consommation sont restés stables sur la majeure partie de l’année, limitant les tensions sociales liées au coût de la vie. Cette maîtrise des prix a également allégé la nécessité d’un resserrement monétaire agressif, offrant une marge de manœuvre aux autorités monétaires pour accompagner la reprise. Néanmoins, la faiblesse de l’inflation pose aussi la question d’une demande interne encore fragile dans certains segments et d’une possible désinflation trop prononcée si la croissance ralentit.
Solde extérieur et déficit du compte courant contenus
Le rapport souligne que le déficit du compte courant est demeuré contenu malgré une conjoncture mondiale incertaine. Les exportations ont progressé dans plusieurs niches, tandis que les importations liées aux biens d’équipement et aux intrants productifs ont été compensées par des revenus de services et des transferts. La gestion des flux extérieurs, y compris l’encadrement de certaines importations et la diversification des marchés d’exportation, a contribué à stabiliser le solde extérieur. Cette situation a réduit les pressions sur la balance des paiements et renforcé les réserves de change.
Résilience du secteur financier face aux chocs
Le secteur financier a montré une capacité de résistance notable au cours de l’exercice. Les banques et institutions financières ont maintenu des niveaux de liquidité satisfaisants et une qualité d’actifs globalement stabilisée. Les indicateurs de solvabilité et de provisionnement sont restés dans des fourchettes rassurantes, permettant un soutien au crédit sans détérioration majeure des bilans. Cette résilience du système bancaire a été un facteur clé pour soutenir l’investissement et amortir les chocs externes.
Risque central : la réforme des retraites et ses implications budgétaires
Malgré ces performances, le rapport met en garde sur la question critique de la réforme des retraites. Le vieillissement démographique combiné à des modèles actuels de financement expose les comptes publics à des tensions croissantes. Sans ajustements paramétriques ou réformes structurelles, le coût des pensions pourrait peser lourdement sur le déficit public et limiter les ressources disponibles pour l’investissement. Le rapport insiste sur la nécessité d’un calendrier clair et de mesures équilibrées pour assurer la viabilité à long terme du système de retraites tout en préservant l’équité intergénérationnelle.
Les autorités publiques et les partenaires sociaux sont appelés à engager un dialogue constructif pour définir des solutions graduellement mises en œuvre. Parmi les options évoquées figurent l’allongement progressif de la durée d’activité, la diversification des sources de financement et l’amélioration de la gouvernance des caisses de retraite.
Le bilan 2025 est donc globalement positif, avec une croissance robuste, une inflation maîtrisée, un compte courant sous contrôle et un secteur financier résilient; cependant, les défis structurels — en particulier la réforme des retraites — exigent des décisions rapides et concertées pour garantir la soutenabilité macroéconomique à moyen et long terme.