Abdeslam Ouaddou dénonce des obstacles au BEPF après son triomphe avec Orlando Pirates
Abdeslam Ouaddou dénonce des blocages administratifs pour accéder au BEPF et met en lumière son triplé avec Orlando Pirates
Ancien international, Ouaddou affirme avoir essuyé des refus et des entraves pour obtenir le BEPF; il réclame plus de diversité et souligne son succès en Afrique du Sud. (158 caractères)
Abdeslam Ouaddou, ancien défenseur passé par Nancy, Rennes et la sélection nationale marocaine, déplore les difficultés rencontrées pour accéder au Brevet d’Entraîneur Professionnel de Football (BEPF). Après avoir entamé une carrière d’entraîneur au centre de formation de l’AS Nancy-Lorraine, il affirme avoir vu sa première candidature rejetée au motif de ne pas diriger encore d’équipe professionnelle. Son récit met en lumière un enchaînement d’obstacles administratifs, une mobilité internationale parfois perçue comme une faiblesse et, parallèlement, un parcours professionnel couronné par des résultats remarquables en Afrique du Sud.
Parcours et première candidature au BEPF
Sa trajectoire d’entraîneur a démarré dans l’environnement des jeunes à Nancy, avec l’objectif de décrocher le BEPF, équivalent de la licence UEFA Pro. Selon ses déclarations, la première tentative d’intégration au dispositif a été refusée parce qu’il ne remplissait pas la condition d’entraîner une équipe professionnelle. Confronté à cette barrière, il a choisi de partir exercer au Maroc, acceptant un poste à la tête du Mouloudia d’Oujda, puis enchaînant des expériences dans plusieurs pays africains pour accumuler l’expérience requise.
Blocage administratif et intervention pour la formation
Abdeslam Ouaddou relate ensuite un nouvel obstacle : un refus — sans explication selon lui — de délivrer le document nécessaire pour poursuivre une partie de sa formation hors de France. Cette situation a retardé son parcours, jusqu’à une intervention qui a permis de débloquer la procédure et d’organiser des sessions de formation auprès de techniciens allemands. L’ancien joueur résume la logique administrative qui s’est opposée à sa progression par l’expression « le serpent qui se mord la queue », soulignant le paradoxe entre les exigences formelles et la mobilité professionnelle nécessaire pour progresser.
Allégations de traitement différencié et appel à la diversité
Interrogé sur un possible traitement discriminatoire, Ouaddou n’a pas formulé d’accusation directe de racisme, mais il a affirmé que le parcours demeure « toujours plus compliqué pour nous ». Il appelle la Fédération française de football à diversifier davantage les profils d’entraîneurs et d’éducateurs pour mieux refléter les réalités du football moderne. La Fédération n’a pas apporté de réponse publique aux griefs qui lui sont adressés. Dans le même temps, Ouaddou insiste sur la nécessité d’une lecture institutionnelle des freins rencontrés par les entraîneurs issus de la diversité afin d’éviter les blocages administratifs injustifiés.
Succès sportifs en Afrique du Sud
Sur le plan sportif, son parcours à l’étranger lui a offert l’opportunité de prouver ses qualités. Après des passages au Maroc, au Bénin et en République démocratique du Congo, il s’est affirmé en Afrique du Sud. Il a d’abord redressé la situation du club de Marumo Gallants, évitant la relégation après avoir repris l’équipe à une place dangereuse du classement. Ces performances ont conduit à sa nomination par Orlando Pirates, club majeur du pays. Lors de sa première saison à la tête des Pirates, il a largement dépassé les objectifs : le club a remporté le championnat pour la première fois depuis quatorze ans, complété par la victoire en Coupe et en Supercoupe — un triplé rare qui lui a valu le trophée de meilleur entraîneur de la saison.
Sélectivité du BEPF et enjeux de la formation
L’accès au BEPF demeure très sélectif, ce qui renforce la concurrence et la complexité des parcours. Sur la dernière session évoquée, onze candidats sur quarante-deux inscrits auraient été admis, illustrant la faible proportion d’acceptation et la difficulté d’atteindre ce niveau de qualification. Pour Ouaddou, ces chiffres renforcent l’idée qu’une partie des blocages est structurelle et qu’une adaptation des critères et des processus pourrait favoriser une plus grande ouverture aux profils internationaux et multiculturels.
Abdeslam Ouaddou ne revendique pas la revanche, mais il revendique la reconnaissance du talent et de la compétence au-delà des barrières administratives. Son parcours combine contraintes institutionnelles et réussite tangible sur le terrain : d’un côté, la tenacité nécessaire pour surmonter des refus et des retards de formation ; de l’autre, des résultats qui prouvent que des entraîneurs formés en France mais enrichis d’expériences étrangères peuvent atteindre les plus hauts niveaux. Il appelle à transformer ces expériences en leviers pour repenser la sélection, la formation et la représentation des entraîneurs au sein des structures nationales.