Amnesty alerte sur la santé maternelle des femmes à Gaza
Femmes à Gaza : un rapport alerte sur l’effondrement des soins maternels et les risques pour les nouveau-nés
Rapport: effondrement des soins maternels à Gaza — pénuries, déplacements massifs et risques accrus pour femmes et nouveau-nés depuis oct. 2023 en crise grave
Les femmes et les filles de la bande de Gaza subissent une privation systématique des conditions nécessaires pour vivre et accoucher en sécurité, selon un rapport publié mardi. La guerre commencée en octobre 2023 a entraîné des déplacements massifs, la destruction d’infrastructures essentielles et la détérioration du système de santé, exposant les femmes enceintes, les malades chroniques et les nouveau‑nés à des risques accrus de complications et de mortalité.
Situation générale et bilan humain
Depuis le déclenchement du conflit en octobre 2023, plus de 72 000 Palestiniens ont été tués, et les attaques se sont poursuivies malgré un cessez‑le‑feu entré en vigueur en octobre de l’année précédente, occasionnant de nouvelles pertes civiles. Le flux de personnes déplacées à l’intérieur de la bande de Gaza reste massif : des centaines de milliers ont perdu leur domicile et vivent dans des abris précaires, des tentes ou des sites de déplacement surpeuplés, augmentant l’exposition aux maladies et aux conditions climatiques sévères.
Effondrement des services de santé maternelle
Les structures hospitalières et les centres de maternité fonctionnent à flux très réduit en raison de pénuries de médicaments, de fournitures médicales et de carburant. Les capacités d’hospitalisation se sont réduites : des pénuries de lits et des délais d’intervention allongés obligent de nombreuses femmes à retourner dans des lieux de déplacement quelques heures seulement après une césarienne ou une intervention majeure, ce qui accroît le risque d’infection et de complications postpartum.
Conséquences pour les grossesses et les nouveau‑nés
Les services de santé maternelle et néonatale signalent une hausse des naissances prématurées, des nouveau‑nés de faible poids et des troubles respiratoires infantiles. La malnutrition maternelle s’est aggravée : des femmes enceintes subissent des carences alimentaires prolongées et présentent une augmentation des états dépressifs post‑partum. Les naissances à risque se multiplient, et les unités de soins intensifs néonatals sont saturées, contraignant le personnel à des choix de priorisation en l’absence d’équipements et de médicaments suffisants.
Impact des déplacements répétés
Les déplacements forcés et répétés ont transformé les conditions sanitaires : la promiscuité, le froid et le manque d’accès à une alimentation nutritive favorisent la propagation d’infections et la détérioration de l’état général des mères et des enfants. Des témoignages recueillis décrivent des femmes donnant naissance dans des tentes au bord de la mer, exposées au froid intense sans moyens de chauffage, et des nouveau‑nés nécessitant des soins intensifs faute de conditions de vie adaptées.
Perturbation de l’aide humanitaire et contraintes logistiques
Les restrictions sur l’entrée de fournitures médicales, les limitations sur le carburant et les interruptions du réseau électrique ont paralysé la chaîne de soin. Les approvisionnements en médicaments, pièces détachées pour équipements médicaux et consommables périsables sont irréguliers, ce qui réduit la capacité des maternités à assurer des accouchements sécurisés et des soins postnataux adéquats. Les interventions d’urgence restent entravées par des obstacles logistiques et des points de passage incertains.
Répercussions à long terme pour la santé publique
La dégradation prolongée des services de santé maternelle et néonatale laisse présager des conséquences durables : augmentation de la morbidité infantile, complications obstétricales non traitées, et séquelles psychologiques chez les mères. Le déficit en soins préventifs et en vaccination accroît le risque d’épidémies et de pathologies chroniques chez toute une génération d’enfants nés dans ces conditions.
Des milliers de femmes accouchent chaque jour dans des conditions extrêmement difficiles ; pour beaucoup, l’accès à un suivi prénatal régulier, à des examens diagnostics et à une alimentation adaptée est impossible. La combinaison des attaques continues, des déplacements répétés et des pénuries de matériel et de carburant a sapé la résilience du secteur de la santé et mis à nu la vulnérabilité spécifique des femmes et des nouveau‑nés dans l’enclave.