Casablanca adopte le projet Nareva-Hitachi-Yutofo de valorisation des déchets à Médiouna
Casablanca adopte un Centre d’enfouissement et de valorisation à Médiouna : feu vert au contrat Nareva-Hitachi-Yutofo
Casablanca valide un projet de 11 MMDH pour un CEV à Médiouna, visant 150–185 MW et la valorisation de plus de 4 000 tonnes de déchets par jour en énergie propre.
Le Conseil de la ville de Casablanca, réuni le vendredi 19 juin 2026 sous la présidence de Nabila Rmili, a approuvé définitivement la signature du contrat du consortium Nareva-Hitachi-Yutofo pour la construction d’un Centre d’enfouissement et de valorisation des déchets (CEV) sur 260 hectares à Médiouna. Ce vote marque une étape décisive pour la gestion des déchets et la production d’énergie renouvelable dans la capitale économique, avec un investissement public‑privé de plus de 11 MMDH et une capacité annoncée de transformation de déchets en électricité à grande échelle.
Décision du Conseil municipal et portée politique
La signature du contrat entérine l’accord entre la municipalité et le consortium en charge du projet, après des délibérations tenues lors de la session du 19 juin 2026. Les élus ont consolidé l’orientation stratégique de la ville vers la valorisation énergétique des déchets, considérée comme une réponse à la fois à la gestion des flux de déchets, à la production d’électricité et à la réduction des impacts environnementaux. Un quatrième dossier lié aux infrastructures urbaines est en préparation et devrait être soumis lors d’une prochaine séance ou d’une session extraordinaire non datée.
Montant, site et partenaires du projet
Le projet, implanté sur 260 hectares à Médiouna, mobilise un budget supérieur à 11 milliards de dirhams (11 MMDH). Il est porté par le consortium Nareva-Hitachi-Yutofo, qui associe des compétences locales et une expertise internationale. Le contrat couvre la construction, l’exploitation et la maintenance des installations de traitement et de valorisation. La localisation et l’échelle du site répondent aux besoins logistiques de la métropole et permettent d’anticiper une gestion centralisée des déchets municipaux à l’échelle régionale.
Capacité technique et production électrique attendue
L’installation est conçue pour valoriser plus de 4 000 tonnes de déchets par jour en énergie électrique. Les estimations techniques fournies lors des délibérations indiquent une production électrique comprise entre 150 et 185 MW, soit approximativement 1 100 à 1 380 GWh d’électricité brute par an injectée sur le réseau. À titre de comparaison, la consommation électrique annuelle de Casablanca est évaluée entre 5 000 et 6 000 GWh ; la future production du CEV pourrait donc couvrir environ 18 % à 28 % des besoins de la ville, selon les scénarios de production et de consommation retenus.
Expérience internationale d’Hitachi et parallèle avec Dubaï
Le consortium s’appuie notamment sur l’expérience d’Hitachi dans la valorisation énergétique des déchets. Le groupe japonais a contribué au développement d’une usine de valorisation à Dubaï, aujourd’hui pleinement opérationnelle. L’infrastructure de Dubaï traite quotidiennement 5 666 tonnes de déchets et fournit une énergie dite « propre » équivalente à la consommation d’environ 135 000 foyers. Les acteurs du projet casablancais citent cet exemple comme référence en matière de technologies, de performance et de maîtrise opérationnelle.
Enjeux environnementaux et retombées urbaines
La mise en service d’un CEV de cette ampleur doit être évaluée à la fois pour ses bénéfices environnementaux — réduction des volumes enfouis, capture et valorisation des flux organiques et réduction des émissions de gaz à effet de serre — et pour ses impacts locaux (nuisances, circulation, gestion des résidus non valorisables). Le passage à une logique d’économie circulaire est présenté par la municipalité comme un levier pour améliorer la propreté urbaine, optimiser les coûts de gestion des déchets et diversifier le mix énergétique vers des sources plus durables.
Étapes à venir et calendrier opérationnel
Avec la signature du contrat, le chantier administratif et technique entre dans une nouvelle phase : études détaillées, obtention des autorisations environnementales et démarrage des travaux d’infrastructure. Le calendrier précis de construction et les dates d’entrée en exploitation n’ont pas été publiés lors de la session, mais les autorités locales ont indiqué que les prochaines étapes opérationnelles seraient communiquées au fur et à mesure de l’avancement. Le suivi de la mise en œuvre portera sur les délais, les engagements de performance énergétique et les garanties environnementales prévues dans le contrat.
Ce projet marque un tournant pour la gestion des déchets et la production d’énergie à Casablanca : il associe investissements publics et savoir‑faire international pour transformer un gisement de déchets en ressource énergétique, tout en posant des exigences fortes en matière de suivi environnemental et d’intégration urbaine.