Entreprises françaises prêtes à investir au Maroc dans l’agriculture et l’agroalimentaire
Renforcement du partenariat agricole Maroc-France : entreprises françaises prêtes à investir dans l’agritech et la chaîne du froid
Maroc et France renforcent le partenariat agricole : entreprises prêtes à investir dans l’agritech, irrigation, dessalement et chaîne du froid durable.
Jean-Paul Torris, président du Pôle agricole et agroalimentaire du MEDEF International, et Ahmed El Bouari, ministre marocain de l’Agriculture, se sont rencontrés mardi à Rabat pour consolider les perspectives d’investissement et de coopération entre la France et le Maroc dans les secteurs agricole et agroalimentaire. À l’issue de l’entretien, les deux responsables ont mis en avant une dynamique de partenariat jugée équilibrée et porteuse d’opportunités, reposant sur des axes technologiques, industriels et environnementaux identifiés depuis l’accélération des échanges en avril 2024.
Rencontre à Rabat entre El Bouari et MEDEF International
La réunion a permis de formaliser l’intention des entreprises françaises d’intensifier leurs investissements au Maroc, en ciblant des projets structurants. Jean-Paul Torris a exprimé la volonté du secteur privé français d’accompagner les ambitions du Royaume, notamment par des co-investissements visant à associer énergie verte et irrigation, tandis que le ministre Ahmed El Bouari a souligné les avancées réalisées depuis avril 2024 et les nouvelles opportunités apparues sur la période 2022-2025.
Bilan des échanges agricoles 2022-2025
Les échanges agricoles entre les deux pays sur la période 2022-2025 témoigneraient, selon les interlocuteurs, d’une complémentarité économique solide. Cette période a servi de base d’analyse pour identifier les segments à fort potentiel, notamment ceux où la technologie et l’innovation permettent d’améliorer la productivité, la résilience climatique et la valeur ajoutée locale par le développement d’unités de transformation agroalimentaire.
Nouveaux axes de coopération identifiés
Plusieurs axes de coopération concrets ont été explicités : le dessalement de l’eau de mer pour sécuriser les ressources hydriques, la généralisation de l’irrigation intelligente, la santé des sols et l’agroforesterie. Les acteurs ont également pointé l’intérêt pour des semences résistantes au changement climatique, des bio-intrants adaptés aux filières locales et l’intégration de technologies favorisant la transition écologique. Ces thèmes serviront de priorités pour des projets pilotes et des partenariats public-privé visant à renforcer la durabilité des systèmes agricoles.
Agritech et irrigation intelligente au cœur des priorités
Le développement de l’agritech a été présenté comme une priorité stratégique. Les responsables ont insisté sur l’utilisation des capteurs connectés, des drones et de l’intelligence artificielle pour piloter les cultures, optimiser les consommations d’eau et améliorer le diagnostic des sols et des cultures. L’irrigation intelligente, rappelée comme un levier majeur, doit être couplée à des solutions énergétiques renouvelables pour réduire les coûts opérationnels et l’empreinte carbone des exploitations.
Opportunités d’investissement : transformation et chaîne du froid
Le ministre a lancé un appel explicite aux entreprises françaises pour co-investir dans des unités de transformation agroalimentaire et pour développer une chaîne du froid écologique. Ces investissements visent à accroître la capacité d’exportation régionale et internationale des produits marocains, réduire les pertes post-récolte et répondre aux exigences croissantes en matière de traçabilité et de qualité. Le développement d’une chaîne du froid à faible impact environnemental a été présenté comme un élément clé pour conquérir de nouveaux marchés et valoriser les productions locales.
Accompagnement institutionnel et mise en œuvre de projets durables
Les deux parties ont salué la volonté commune des autorités marocaines et françaises de renforcer l’accompagnement institutionnel du secteur privé. L’objectif annoncé est de créer un cadre favorable à la concrétisation de projets d’investissement structurants et durables, en facilitant les partenariats, en adaptant les mécanismes de financement et en soutenant les initiatives d’innovation. La coopération vise également à favoriser la montée en compétences locales et le transfert de technologies adaptées aux contextes agroécologiques du Maroc.
La rencontre à Rabat s’inscrit dans un effort plus large de consolidation des relations économiques bilatérales dans l’agriculture, l’agroalimentaire et les technologies appliquées au secteur. Les engagements pris et les axes identifiés devraient maintenant être traduits en feuilles de route opérationnelles, en projets pilotes et en mécanismes de financement ciblés pour permettre un déploiement rapide et mesurable des initiatives convenues.