Formations industrielles au Maroc pour intégrer les contrats ferroviaires CAF et Hyundai Rotem
Plan Rail 2040 : le Maroc prépare la formation pour intégrer la fabrication des trains CAF et Hyundai Rotem
Le cluster MTI achève une étude visant à lancer des programmes de formation pour les professionnels du rail, en priorisant les contrats attribués à CAF et Hyundai Rotem ; livraisons 2027-2030 au Maroc.
Étape finale de l’étude et priorisation des besoins
La phase finale de l’étude sur la mise en œuvre de programmes de formation dédiés aux métiers du ferroviaire est en cours d’achèvement. Mandaté par l’ONCF, le cluster MoroccoTraIndustry (MTI) a conduit des échanges avec des acteurs industriels qui ont demandé une approche pragmatique : commencer par les contrats de matériel roulant conventionnel récemment attribués. Cette priorisation vise à cibler d’abord les besoins les plus urgents pour favoriser une montée en charge rapide de l’intégration industrielle locale.
Contrats CAF et Hyundai Rotem : éléments chiffrés et calendrier
Le dossier industriel repose sur l’acquisition de 168 nouvelles rames : 150 destinées au réseau conventionnel (intercités, banlieue rapide, services métropolitains) et 18 prévues pour le futur réseau à grande vitesse vers Marrakech. Les livraisons sont planifiées entre 2027 et 2030 afin de préparer l’infrastructure et l’offre de transport avant la Coupe du Monde de la FIFA 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Dans ce cadre, CAF a remporté la commande de 40 rames intercités, tandis que Hyundai Rotem a été retenu pour 110 unités (60 rames navette rapide et 50 rames régionales).
Engagements industriels et capacités locales
Les deux constructeurs se sont engagés à développer des activités industrielles en lien avec le projet. CAF renforcera certaines opérations localement et étendra son ancrage via sa division signalisation, déjà impliquée dans des segments du réseau national électrifié et des projets urbains. Hyundai Rotem prévoit de bâtir une capacité de production au Maroc par la construction d’une usine à Benguérir, dans la région de Marrakech, pour assurer une part significative de l’assemblage et de la fabrication sur place. Ces engagements sont conçus pour stimuler la création d’emplois industriels et favoriser le transfert de compétences.
Programmes de formation ciblés et calendrier de mise en œuvre
Les besoins d’externalisation identifiés auprès des constructeurs ont permis de définir les contenus de formation prioritaires : assemblage mécanique, révision et maintenance des bogies et carrosseries, intégration de systèmes de signalisation, supervision des architectures embarquées, et maintenance prédictive. Le plan prévoit le lancement imminent de sessions de formation professionnelle destinées aux techniciens, ingénieurs et opérateurs industriels afin d’accélérer le taux d’intégration locale au moment des premières livraisons prévues en 2027.
Opportunités technologiques et chaînes de valeur
Outre la fabrication mécanique, les contrats ouvrent des opportunités dans les composants électroniques, les services embarqués numériques et les solutions de maintenance prédictive intégrant intelligence artificielle et objets connectés. La structuration d’un écosystème composé de sous-traitants, bureaux d’études et centres de formation est présentée comme une condition nécessaire pour transformer des contrats d’assemblage en véritables plateformes d’exportation de modules et services ferroviaires « made in Morocco ».
Impact attendu sur l’industrie et risques à gérer
La montée en charge industrielle doit permettre de consolider des filières locales et d’augmenter la valeur ajoutée produite au Maroc. Les risques identifiés comprennent les délais de formation, la coordination entre acteurs publics et privés, et la capacité des PME locales à répondre aux cahiers des charges techniques et qualité. L’accélération des formations et la mise en place de partenariats industriels sont donc au centre des mesures recommandées pour limiter ces risques.
Le lancement imminent des programmes de formation et la matérialisation des engagements industriels de CAF et Hyundai Rotem posent les jalons d’une intégration accrue de la production ferroviaire au Maroc, avec des livraisons attendues à partir de 2027 et un horizon opérationnel complet entre 2027 et 2030.