La génération Z propulse des jeunes candidats vers le Parlement marocain
Jeunes candidats et manifestations : la génération Z tente de transformer la rue en sièges parlementaires
Plus de 15,8 millions d’électeurs inscrits, mais une faible présence des 18–24 ans ; la campagne pour les législatives du 23 septembre voit émerger de nouveaux visages, comme Hamza El Kharroubi, 28 ans, qui a fondé un parti centré sur l’environnement et le développement durable et fait campagne à Tétouan pour un siège à la Chambre des représentants. Les enjeux posés par les manifestations de la fin septembre 2025, portées par un mouvement sans chef baptisé GenZ 212, restent au cœur des débats et alimentent les attentes d’une jeunesse qui réclame des réponses tangibles sur la santé, l’éducation et l’emploi. (maroc.ma)
Un jeune entrepreneur devenu candidat
Hamza El Kharroubi, ancien militant de rue transformé en candidat, met en avant la nécessité de canaliser l’engagement citoyen des jeunes vers des institutions électives. Son Parti de l’environnement et du développement durable se présente comme une alternative qui veut traduire les revendications sociales en projets de loi et en politiques publiques concrètes. Selon El Kharroubi, les manifestations ont servi de réveil civique et pourraient pousser davantage de jeunes à se présenter sur des listes locales et régionales.
La mobilisation de septembre 2025 et son point de départ
Les manifestations qui ont secoué le pays à partir du 27 septembre 2025 ont été déclenchées par la colère suscitée par une série de décès maternels dans un hôpital d’Agadir et se sont étendues rapidement à plusieurs villes. Le mouvement GenZ 212, diffusé et coordonné en grande partie via des plateformes numériques, a organisé des rassemblements réclamant une amélioration des services publics, davantage de transparence budgétaire et des opportunités d’emploi pour les jeunes. Les affrontements d’octobre 2025 ont fait plusieurs victimes et entraîné des milliers d’arrestations, inscrivant ces mobilisations comme un facteur structurant du climat préélectoral. (lemonde.fr)
Des listes électorales peu jeunes
Les listes électorales finalisées en juillet montrent un corps électoral majoritairement âgé : sur les quelque 15,8 millions d’inscrits, les 18–24 ans représentent environ 4 % seulement, tandis que les plus de 60 ans constituent près de 29 % de l’électorat. Cette répartition interroge la traduction en voix des mobilisations de la jeunesse de 2025 et pose la question de l’inscription et de la participation des jeunes, qui se disent souvent éloignés des procédures administratives ou peu représentés sur les listes locales. (fesnews.media)
Chômage, promesses et confiance politique
Le chômage des jeunes reste l’un des moteurs profonds de la colère sociale : en 2025 le taux de chômage national avoisine 13 %, mais il atteint près de 37 % chez les 15–24 ans, selon les statistiques officielles. Ce contraste alimente un discours qui exige non seulement des annonces de campagne, mais des engagements chiffrés et des mesures de suivi. Les jeunes candidats et militants insistent sur la nécessité d’une feuille de route précise reliant formation, insertion professionnelle et investissement public ciblé. (hcp.ma)
Partis traditionnels et nouvelles candidatures
Plusieurs formations politiques traditionnelles cherchent à reconquérir une jeunesse qui, pour beaucoup, a préféré la rue aux urnes. Certains cadres appellent à des renouvellements internes — davantage de présence des jeunes dans les instances de décision, langage politique simplifié et mécanismes transparents de reddition des comptes — tandis que d’autres misent sur l’intégration de listes exclusivement féminines ou la promotion de têtes nouvelles pour améliorer l’offre politique. Les candidatures comme celle d’El Kharroubi montrent que l’espace institutionnel peut absorber une partie du discours protestataire, mais la ténacité des revendications pose la question de l’efficacité et du rythme des transformations attendues.
Dilemme entre attentes et marges de manœuvre institutionnelles
Le système politique confère à la monarchie un rôle central, tandis que les gouvernements élus disposent des compétences sur la politique publique et la législation. Les jeunes électeurs sont ainsi appelés à distinguer promesses et capacités réelles d’action d’un parti arrivé au pouvoir. Les observateurs et militants interrogés affirment vouloir une relation renouvelée entre élus et électeurs : un vote compris comme le début d’un rapport de contrôle, d’exigence et de suivi — non comme un mandat irrévocable — avec des outils concrets de transparence et d’évaluation des engagements pris.
La campagne qui s’achève et le scrutin du 23 septembre détermineront si les appels à une meilleure représentation et à des politiques publiques réorientées par l’urgence sociale se traduisent en résultats électoraux visibles, ou si le fossé entre manifestations et urnes persistera.