L’argent facile du trafic de drogue menace l’éducation des jeunes footballeurs à Bruxelles
Le trafic de drogue menace l’engagement des jeunes dans le sport à Bruxelles
Une réalité alarmante pour les éducateurs sportifs face aux revenus du narcotrafic.
Le monde du sport, notamment le football de quartier à Bruxelles, est confronté à une crise inédite : la montée en puissance du trafic de drogue qui attire de nombreux jeunes. Mohamed Zemmouri, responsable de l’association Kras Sport, met en lumière ce défi majeur qui nuit à l’engagement des adolescents dans des activités positives.
La consommation de stupéfiants en hausse
Zemmouri, âgé de 62 ans, souligne que la consommation et la vente de drogues, bien que présentes depuis longtemps, se sont intensifiées et sont devenues plus visibles dans les espaces publics. Il aborde régulièrement ce sujet avec les jeunes, leur expliquant les dangers liés aux joints et autres substances stupéfiantes. L’association, qui œuvre principalement auprès de jeunes vulnérables, s’efforce d’apporter un soutien moral et éducatif pour les détourner de ce choix destructeur.
Dépistage inquiétant au sein des équipes jeunes
Pour mieux comprendre ce phénomène, Zemmouri a décidé de mettre en place des dépistages de drogues au sein de son équipe. Le constat fut alarmant : trois joueurs sur dix ont été testés positifs. Malgré cette réalité décourageante, il considère que cette situation met en exergue l’importance de son travail avec des jeunes qui ont besoin d’accompagnement. Ces résultats, bien qu’inquiétants, montrent aussi que l’association est sur le terrain pour intervenir auprès de ceux qui en ont le plus besoin.
L’attrait de l’argent facile pour les jeunes
Le principal obstacle pour les éducateurs est l’attrait de l’argent facile généré par le trafic de drogue. Une fois exposés à ce mode de vie, de nombreux jeunes rencontrent des difficultés à revenir à une vie normale, qu’il s’agisse d’une activité sportive, d’une formation ou d’un engagement associatif. Zemmouri souligne que l’aisance financière apportée par le trafic est un défi que les éducateurs ont du mal à surmonter.
Un travail de confiance avec les jeunes
Au fil des années, Zemmouri a arpenté les terrains de Hoboken, Borgerhout, Merksem et du Kiel avec pour objectif de créer un lien de confiance avec les jeunes. En plus de détecter des talents, il s’efforce d’être un mentor, en sanctionnant les comportements inappropriés tout en ne perdant pas espoir pour ceux considérés comme irrécupérables. « Nous n’abandonnons jamais personne », insiste-t-il, rappelant l’importance de ne pas stigmatiser ces jeunes.
Le passage de relais et les préoccupations persistantes
Aujourd’hui à la retraite, Zemmouri cède sa place à une nouvelle équipe, mais laisse derrière lui une inquiétude grandissante. Face aux centaines d’euros que les trafiquants peuvent offrir, les initiatives sportives et éducatives peinent de plus en plus à attirer et à maintenir l’engagement des jeunes. Ce constat soulève des questions cruciales sur l’avenir du sport amateur et des programmes d’éducation dans un contexte où le narcotrafic semble omniprésent.
Les défis auxquels sont confrontés les éducateurs sportifs comme Mohamed Zemmouri mettent en lumière l’urgente nécessité de repenser les stratégies d’engagement auprès des jeunes vulnérables, afin qu’ils aient la possibilité de choisir un chemin sain loin des dangers de la drogue.