Népal réclame 20 millions de dollars et justice climatique après l’effondrement d’un glacier
Le Népal exige 20 millions de dollars au titre de la « justice climatique » après l’effondrement d’un glacier
Le Népal réclame 20 millions au Fonds pour pertes et dommages de l’ONU après l’effondrement d’un glacier le 26 août, exigeant justice climatique internationale.
Le gouvernement népalais a formalisé une demande de compensation de 20 millions de dollars auprès du Fonds des Nations Unies pour les pertes et dommages, suite à l’effondrement d’une portion de glacier survenu le 26 août et aux inondations meurtrières qui ont suivi. L’événement a frappé les districts de Rasuwa et Nuwakot et a aussi concerné la région tibétaine voisine, provoquant un bilan humain et matériel lourd. Les autorités font valoir que cette catastrophe, liée au réchauffement et à la fonte accélérée des glaciers de l’Himalaya, illustre une injustice climatique dont les pays vulnérables subissent aujourd’hui les coûts directs.
Demande de 20 millions au Fonds pour pertes et dommages
Le ministère des Finances et le ministère de l’Environnement ont envoyé une lettre conjointe aux Nations Unies pour solliciter 20 millions de dollars au titre du Fonds des pertes et dommages créé en 2022 dans le cadre de l’Accord de Paris. Le gouvernement népalais présente cette requête non comme une simple aide d’urgence, mais comme une réparation partielle pour des pertes attribuées au changement climatique. Le Fonds, qui vise à financer la réponse aux impacts climatiques déjà irréversibles, fait face à un déficit structurel important alors qu’il s’apprête à approuver ses premiers projets.
Bilan humain et pertes estimées
Les autorités ont confirmé plus de 1 300 décès et signalé des milliers de personnes toujours portées disparues après le flux soudain d’eau et de boue provoqué par l’effondrement glaciaire. Les pertes directes en biens, logements et infrastructures ont été évaluées par les autorités nationales à environ 2,56 milliards de dollars en estimations préliminaires. Le pays a décrété une journée nationale de deuil et lance des opérations de recherche, de secours et de reconstruction dans des zones where les routes et les réseaux de communication ont été fortement endommagés.
Effondrement glaciaire et lien climatique
Les scientifiques et responsables népalais relient la rupture glaciaire à l’accélération du réchauffement dans la région de l’Hindu Kush Himalaya, où la perte de masse glacière s’est intensifiée ces dernières décennies. Le recul des glaciers et la modification des régimes de précipitations augmentent les risques d’événements extrêmes tels que ruptures de barrages glaciaires, coulées de débris et inondations rapides en aval. Le Népal, qui contribue marginalement aux émissions globales, se trouve en première ligne des conséquences physiques du changement climatique.
Obstacles juridiques et politiques à la réparation
Revendiquer une notion de « justice climatique » sous forme de compensation financière pose des défis juridiques et politiques complexes. Des avis récents du droit international rappellent des obligations générales de prévenir des dommages climatiques importants, mais transformer ces principes en réparations financières obligatoires soulève des questions de responsabilité, de précédents et de capacité de paiement des grands émetteurs. Par ailleurs, le Fonds des Nations Unies pour les pertes et dommages manque encore de moyens suffisants pour répondre à toutes les demandes potentielles, limitant l’impact immédiat de la requête népalaise.
Appels politiques et pression nationale
Les hautes autorités du pays, président et ministres, ont appelé la communauté internationale à agir, insistant pour que la réponse s’apparente à une réparation plutôt qu’à de la charité. Le Premier ministre doit prendre la parole lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre, où la question de la justice climatique et du financement des pertes et dommages devrait figurer au cœur de son intervention. Sur le plan national, des voix militantes et des leaders de la société civile demandent non seulement des fonds internationaux mais aussi des réformes internes pour intégrer la résilience climatique dans les plans de développement et les budgets.
Les organisations et militants locaux soulignent que l’argent reçu doit parvenir directement aux communautés vulnérables et ne pas être distribué sous forme de prêts aggravant l’endettement. Ils insistent également sur la nécessité d’investissements durables dans l’hydroélectricité propre, la gestion des forêts et la protection des bassins versants pour réduire la vulnérabilité à long terme.
Le gouvernement népalais fait face à un double enjeu : obtenir des ressources internationales suffisantes pour répondre à l’urgence de la reconstruction tout en démontrant, au plan national, un engagement crédible pour intégrer la résilience climatique dans ses modèles de développement. La catastrophe du 26 août illustre de manière tragique les coûts croissants du changement climatique pour les pays les plus exposés et relance le débat mondial sur la responsabilité, la réparation et la solidarité internationale.