ONU condamne en Cisjordanie l’exhumation forcée d’un défunt palestinien par des colons
Cisjordanie : une famille forcée d’exhumer puis de réinhumer un proche, l’ONU condamne
Une famille palestinienne a dû exhumer puis réinhumer le corps d’un homme âgé après des menaces de colons en Cisjordanie; le Haut-Commissariat onusien a dénoncé l’incident (9 mai 2026).
Une famille du village d’Asasa, près de Jénine en Cisjordanie occupée, a été contrainte dimanche 8 mai 2026 d’exhumer le corps de Hussein Asasa, âgé de 80 ans, puis de le réenterrer dans un autre cimetière après des menaces de colons. L’affaire, qui a eu lieu peu après l’enterrement initial, a été condamnée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme comme un acte “épouvantable” et révélateur d’une déshumanisation persistante des Palestiniens dans les territoires occupés.
Détails de l’incident à Asasa le 8 mai 2026
Le décès de Hussein Asasa est survenu de cause naturelle le vendredi 8 mai 2026. Son fils, Mohammed, explique que l’inhumation avait été organisée en coordination avec les autorités de sécurité israéliennes, qui avaient supposément délivré les autorisations nécessaires pour l’enterrement au cimetière du village. Peu après la mise en terre, des colons ont affirmé que la sépulture se trouvait sur un terrain qu’ils considéraient comme partie d’une colonie et ont exigé que le corps soit exhumé.
Menaces des colons et pression sur la famille
Selon les déclarations de la famille, les colons ont menacé d’utiliser un bulldozer pour exhumer le corps si les proches ne s’en chargeaient pas eux-mêmes. Face à ces menaces explicites, la famille a cédé et a procédé à l’exhumation. Les témoins ont rapporté que la tombe initialement ouverte par les colons atteignait déjà le cercueil lorsque les proches ont poursuivi le creusement pour récupérer le corps et le transporter vers un autre cimetière.
Présence et rôle des forces israéliennes
Des soldats israéliens étaient présents sur les lieux pendant l’incident. L’armée a ensuite affirmé qu’elle n’avait pas ordonné à la famille de réinhumer le corps et a indiqué avoir envoyé des soldats après avoir été informée d’un affrontement impliquant des colons. Selon le communiqué de l’armée, les soldats ont saisi les outils de creusement utilisés par les colons et sont restés sur place « pour éviter de nouvelles frictions ». La famille, pour sa part, décrit la pression exercée comme déterminante dans sa décision de déplacer la sépulture.
Réaction du Haut-Commissariat des Nations Unies
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a fermement critiqué l’incident, soulignant qu’il « n’épargne personne, mort ou vivant ». La déclaration onusienne a insisté sur le caractère choquant et déshumanisant de l’exigence faite à des proches d’exhumer un défunt sous la menace. L’instance a appelé à une enquête impartiale et à des mesures visant à protéger les droits des populations civiles dans les territoires occupés.
Contexte de violences et expansion des colonies
Les actes de violence commis par des colons en Cisjordanie se sont intensifiés depuis le lancement des opérations militaires à Gaza en octobre 2023. Les ONG de défense des droits humains signalent une augmentation des incidents touchant des civils, incluant agressions, incendies de propriétés et destructions de biens. Ces tensions territoriales s’inscrivent dans un contexte de contestation sur la légalité des colonies et sur l’avenir politique de la Cisjordanie.
Plusieurs habitants et responsables locaux ont exprimé leur inquiétude quant au sentiment d’impunité qui entoure ces attaques et à l’impact qu’elles ont sur la vie quotidienne des communautés palestiniennes. Les autorités municipales du secteur ont demandé des garanties pour la sécurité des cérémonies funéraires et des lieux de sépulture, points sensibles pour les familles touchées.
L’affaire à Asasa relance les appels au respect des droits fondamentaux et à la prévention des violences intercommunautaires dans les territoires occupés. Les demandes de clarification sur le rôle des forces de sécurité et les mesures prises pour empêcher de tels incidents se multiplient, alors que les familles cherchent à faire respecter la dignité des défunts et la sécurité des proches lors de moments de deuil.