L’or représente 27 % des réserves mondiales devant les bons du Trésor américains
L’or atteint 27 % des réserves mondiales et dépasse les bons du Trésor américains
Au 11 juin 2026, l’or représente 27 % des réserves mondiales, dépassant les bons du Trésor US. Les banques centrales achètent; le rôle du dollar est contesté.
L’évolution des réserves internationales marque un tournant significatif : l’or pèse désormais 27 % des avoirs officiels des banques centrales, dépassant pour la première fois la part détenue en bons du Trésor américains. Cette mutation reflète une redistribution des préférences des acteurs publics face à des risques géopolitiques, à la hausse de l’endettement américain et à une période d’incertitudes sur les politiques commerciales. Si le dollar reste central dans le commerce et la finance internationale, la dynamique d’achat d’or et la recherche d’alternatives monétaires s’accélèrent.
L’or devient la première catégorie d’actifs de réserve
Le passage de l’or devant les bons du Trésor américains symbolise un changement structurel dans la composition des réserves officielles. Les banques centrales, motivées par la volonté de diversifier leurs réserves et de réduire la vulnérabilité aux risques liés aux titres libellés en dollar, ont augmenté leurs acquisitions d’or à un rythme record. Cette part de 27 % illustre que l’or est à présent la première catégorie d’actifs de réserve au niveau mondial, une situation inédite depuis plusieurs décennies.
Achats massifs des banques centrales et stratégies de diversification
Les achats d’or par les banques centrales s’expliquent par plusieurs motifs : couverture contre l’inflation, protection contre des chocs géopolitiques et volonté de diversification hors du dollar. Les politiques monétaires accommodantes passées et la persistance d’un endettement élevé dans certaines économies ont renforcé l’attrait pour l’actif physique. Les banques centrales semblent privilégier une combinaison d’or physique et de bons du Trésor, mais le flux net en faveur de l’or indique une préférence marquée pour un actif perçu comme moins dépendant des décisions de politique budgétaire d’un seul pays.
Pressions géopolitiques : Iran, BRICS et le rôle croissant du yuan
Plusieurs facteurs géopolitiques alimentent ce mouvement. Le conflit impliquant l’Iran a ravivé les inquiétudes sur la stabilité régionale et les risques d’approvisionnement énergétique, renforçant la demande de valeurs refuges. Parallèlement, des blocs comme les BRICS intensifient leurs efforts pour réduire la dépendance au dollar, tandis que la Chine cherche à promouvoir le yuan dans les transactions et les réserves internationales. Ces initiatives stratégiques visent à diversifier le système financier mondial et à construire des alternatives au rôle hégémonique du billet vert.
Facteurs domestiques américains et incertitudes commerciales
La montée de l’or dans les réserves intervient dans un contexte où le poids de la dette américaine et les décisions de politique commerciale pèsent sur la confiance des investisseurs internationaux. L’incertitude liée à d’éventuelles mesures tarifaires émanant de l’administration du président Donald Trump a été citée comme facteur aggravant. Les marchés évaluent désormais non seulement la solidité des fondamentaux américains, mais aussi les risques politiques susceptibles d’affecter la valeur réelle des actifs libellés en dollar.
Persistances du dollar malgré la réorientation des réserves
Malgré ces changements, le dollar conserve une position dominante dans le commerce mondial, les règlements financiers et les marchés de change. Son rôle d’ancrage s’appuie sur la profondeur des marchés financiers américains, la liquidité des bons du Trésor et la confiance institutionnelle installée depuis des décennies. La transition observée n’est pas un abandon massif et immédiat du dollar ; elle traduit plutôt une diversification prudente et progressive des parkings de réserve par les banques centrales.
Les conséquences pratiques pour les marchés incluent une possible réduction de la demande nette pour certains titres libellés en dollar à moyen terme, une volatilité accrue des devises et des actifs corrélés, et une attention renforcée des autorités monétaires quant à la stabilité financière. Pour les pays exportateurs de matières premières ou les économies émergentes, la montée de l’or et la promotion de devises alternatives peuvent signifier de nouvelles stratégies de gestion des réserves et des flux commerciaux. Le mouvement vers l’or, s’il se poursuit, exigera des États et des investisseurs une gestion plus sophistiquée des risques associés aux taux de change et à la liquidité internationale.